Droit de la famille, Personne et famille
Publié par Fodago - 14 août 2026
UNE SÉPARATION AVEC ENFANT(S)? Les avantages et désavantages D’ATTENDRE AVANT DE CONSULTER UN AVOCAT!
Texte écrit en collaboration avec Laurie Lavoie, étudiante en droit
Trop souvent, nous recevons des clients qui sont séparés depuis quelques mois, ou même quelques années, sans avoir consulté un avocat. Certains avaient fait quelques séances de médiation, d’autres non et tous se retrouvent dans une situation délicate.
Ils sont pris dans ce qu’on appelle le statu quo!
Une demande, devant le tribunal, en matière de temps parental comporte plusieurs étapes. La première, et selon la soussignée, la plus importante pour donner le ton, est celle de la demande de sauvegarde. Cette première demande est basée principalement sur le critère d’urgence, mais plusieurs parents ne rencontrent pas ce critère en raison du simple écoulement du temps ou encore de s’être entendus à l’amiable au moment de la séparation.
Il y a plusieurs justificatifs valables qui militent en faveur d’une entente à l’amiable entre des parents, surtout pour ceux qui ne souhaitent plus cohabiter, mais doivent continuer la coparentalité pour le bien de leur(s) enfant(s).
Cependant, la raison fréquemment invoquée est financière. « Ça coûte cher un avocat! » Bien que cela soit vrai, selon la soussignée, il s’agit d’une dépense nécessaire qui peut éviter bien des problèmes. Les ententes prises au moment de la séparation, surtout lorsqu’elles sont maintenues sur une période de temps, seront difficiles à moduler, sauf en cas d’un changement significatif ou d’événements exceptionnels justifiant un changement.
Selon le bilan publié par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) en 2023, 54 % des bébés sont nés de mères en union libre. De plus, nous savons du dernier recensement en 2021, puisque les statistiques du recensement 2026 ne sont pas disponibles au moment de la présente publication, que 69,2 % des enfants québécois âgés de 0 à 14 ans vivaient dans une famille biparentale non recomposée, tandis que près de 31 % vivaient dans une famille monoparentale ou recomposée.
Ainsi, de plus en plus de parents ne voient pas l’utilité de s’adresser aux tribunaux, car ils n’ont pas besoin d’un jugement de divorce pour passer à autre chose. Ils parviennent à se diviser/partager les biens et dettes cumulés durant leur union entre eux et estiment ne pas avoir besoin d’un jugement pour officialiser le tout. Et ils ont souvent raison quant à l’aspect financier de leur séparation, mais une grande mise en garde est lancée lorsqu’il y a des enfants.
Bien qu’il soit possible de venir modifier les modalités entendues au moment de la séparation ou peu après, l’audience finale survient souvent plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard.
Par conséquent, réfléchissez bien avant d’accepter que l’autre parent de votre enfant ou de vos enfants déménage (avec les enfants) à l’extérieur de votre ville ou à une distance qui rendrait impossible l’exécution des modalités que vous voulez. Pensez-y avant d’accepter des modalités que vous estimez déraisonnables sans avoir consulté au préalable, car vous pourriez rester coincé avec cette décision, souvent prise sous pression ou par peur, pendant longtemps
De plus, il est important de savoir qu’il existe plusieurs dispositions qui protègent les enfants ainsi que le parent financièrement désavantagé. La possibilité de faire une demande de provision pour frais est trop souvent négligée, et la pension alimentaire pour enfant trop souvent utilisée comme tactique de négociation, alors que celle-ci est une question d’ordre public. Résultat : vous pourriez devoir payer des sommes rétroactivement ou vivre avec une pension insuffisante et souffrir financièrement pendant des années. Alors, évitez de fâcheuses surprises.
Oui, une entente sans avocat au moment de la séparation peut sembler moins coûteuse et offre une certaine tranquillité dans une période difficile, mais au minimum, il est important de consulter. N’attendez pas! Renseignez-vous auprès d’un avocat dès que vous vous séparez, rien ne vous empêche de tenter simultanément de régler par le biais de la médiation, mais il serait important d’être accompagné par un avocat, qui vous conseillera en ayant uniquement vos intérêts à cœur.
Le présent texte ne représente qu’un survol des questions juridiques présentées et ne constitue aucunement une opinion juridique en soi ni ne remplace une consultation avec un professionnel du droit, chaque dossier devant être analysé à la lumière des faits qui lui sont propres.
➡️ N’hésitez pas à contacter notre cabinet de professionnels situé sur la Rive-Sud, à Longueuil.
